Une création spontanée, entre concentration et pulsion créatrice.
Chez Jean-Jacques Marie, la création vient avant l'analyse. Il crée d'abord, guidé par ce qu'il ressent et par une nécessité qu'il ne cherche pas toujours à comprendre. Ce n'est qu'ensuite, parfois bien plus tard, que l'observation permet de mieux percevoir ce qui s'est joué dans l'atelier.
Les Scriptoglyphes n'échappent pas à cette manière de créer. Lorsqu'ils apparaissent à l'automne 2023, Jean-Jacques Marie ne décide pas de développer une nouvelle série et ne poursuit aucune idée définie. Les premières formes apparaissent spontanément, puis reviennent, se répètent et envahissent peu à peu le papier.
La répétition demande du temps. Couvrir une feuille de signes, de silhouettes et de tracés libres impose une attention continue et une précision très différente des gestes amples et rapides que l'on retrouve dans une grande partie du travail abstrait de Jean-Jacques Marie.
Le geste reste spontané, mais son rythme change. Une forme en entraîne une autre, puis une autre encore. La répétition oblige à rester concentré sur le trait, sur l'espace à remplir et sur ce qui est en train de se construire.
Cette patience, exigée par le travail lui-même, semble alors jouer un rôle particulier.
Le travail minutieux des Scriptoglyphes demande une concentration particulièrement intense. La répétition mobilise l'attention et semble canaliser l'agitation intérieure qui accompagne souvent Jean-Jacques Marie dans son processus créatif.
L'attention portée au dessin laisse moins de place aux pensées qui se bousculent et aux préoccupations du quotidien. Le geste occupe l'esprit, impose le présent et crée peu à peu une forme d'apaisement.
Ce n'est pas une intention formulée à l'avance. Jean-Jacques Marie ne commence pas les Scriptoglyphes avec l'idée d'en faire un exercice d'apaisement. C'est en observant ce travail dans le temps et ce qu'il lui apporte que cette fonction devient perceptible.
Jean-Jacques Marie ne cherche pas à construire une idée avant de créer. Les Scriptoglyphes, comme une grande partie de son œuvre, sont apparus spontanément, sans projet défini ni message à transmettre.
Chercher à leur attribuer après coup une signification précise reviendrait à leur imposer une intention qui n'existait pas au moment de leur création. L'observation permet en revanche de comprendre ce que cette pratique apporte à l'artiste : la concentration, la canalisation de l'agitation intérieure et une forme d'apaisement.
Les Scriptoglyphes sont ainsi nés d'une pulsion créatrice, avant de devenir une série identifiable dans l'œuvre de Jean-Jacques Marie.
Pourquoi les a-t-il créés ? Peut-être simplement parce qu'à cet instant, c'est ainsi que son besoin de créer s'est exprimé.
À la découverte des différentes formes prises par cette écriture graphique.
Voir la collectionUn ouvrage consacré à la naissance et à l'univers des Scriptoglyphes sur le site de l'éditeur.
Découvrir le livre
Les premiers Scriptoglyphes apparaissent dans le travail de Jean-Jacques Marie en 2023. La série est présentée pour la première fois sur son site officiel en janvier 2024. Un premier article lui est consacré en mai 2024, puis un ouvrage dédié est publié en août de la même année. Depuis, cette recherche se poursuit et continue d’évoluer.