Une écriture qui ne se lit pas

Quand le regard cherche un sens là où aucun message n'est écrit.

 

Ecriture impossible, série Scriptoglyphe de Jean-Jacques Marie
Scriptoglyphe S155 - 56 x 76 cm

 

Dans les Scriptoglyphes de Jean-Jacques Marie, signes, silhouettes et tracés libres se côtoient et se répètent au rythme du trait. Leur organisation évoque parfois une écriture, sans pourtant appartenir à aucune langue.

Face à une œuvre de cette série, le regard est naturellement attiré par la répétition des formes et l’organisation du trait. Les signes se succèdent, se répondent et semblent parfois former des lignes. Comme devant une écriture inconnue, l’œil cherche spontanément un ordre, un sens ou un code.

Pourtant, aucun alphabet ne se cache dans les Scriptoglyphes et aucun message n’est destiné à être déchiffré. Cette impression d’écriture naît du rythme, de la répétition et des variations du geste.

 

Le regard cherche un langage

Nous reconnaissons une écriture bien avant d’être capables de la comprendre. Face à un texte rédigé dans une langue inconnue, nous savons qu’il s’agit de mots, de phrases et probablement d’un message, même si son sens nous échappe.

Les Scriptoglyphes créent une impression différente. Ils reprennent certains repères visuels que nous associons naturellement à l’écriture : la succession des formes, leur répétition, leur organisation dans l’espace. Le regard croit reconnaître un signe déjà rencontré et cherche instinctivement à le retrouver ailleurs dans l’œuvre.

Mais cette ressemblance s’arrête là. Les formes ne possèdent pas de signification définie et leur répétition ne construit aucune phrase. Ce qui semble être un langage reste ouvert à notre propre perception.

 

Du signe à la silhouette

Cette liberté du regard est d’autant plus présente que les Scriptoglyphes ne se limitent pas aux signes. Une forme qui évoquait d’abord une écriture peut soudain faire apparaître une silhouette plus ou moins identifiable. Plusieurs formes rapprochées suggèrent parfois un groupe, une foule ou un mouvement collectif.

Selon la distance, l’attention portée à un détail ou simplement le temps passé devant l’œuvre, la perception change. Le signe devient silhouette, puis redevient trait. Les formes paraissent familières sans jamais imposer une lecture précise.

Cette hésitation entre l’écriture, la silhouette et le tracé libre participe pleinement à l’identité des Scriptoglyphes.

 

Lire ou regarder ?

La lecture nous conduit habituellement vers un sens. Nous suivons les mots pour comprendre ce qu’ils racontent. Devant une œuvre, le regard fonctionne autrement : il circule entre les formes, les couleurs, les espaces et construit librement ses propres associations.

Avec les Scriptoglyphes, ces deux manières de regarder semblent se rejoindre. L’œil suit le rythme du trait comme il suivrait une ligne écrite, revient sur certaines formes, cherche des répétitions et établit des rapprochements. Peu à peu, la recherche d’un sens laisse place à une observation plus libre.

Les Scriptoglyphes ne demandent donc pas à être déchiffrés. Ils laissent chacun reconnaître une présence, imaginer une foule, suivre un mouvement ou simplement se laisser porter par le rythme des formes.

Peut-être est-ce justement parce qu’ils semblent pouvoir être lus que les Scriptoglyphes nous invitent à regarder autrement.

 

Oeuvre de la série Sciptoglyphes de JJ Marie
Scriptoglyphe S111 - 40 x 30 cm

La collection des Scriptoglyphes

À la découverte des différentes formes prises par cette écriture graphique.

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Le livre "Les Scriptoglyphes"

Un ouvrage consacré à la naissance et à l'univers des Scriptoglyphes sur le site de l'éditeur.

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Repères chronologiques

Les premiers Scriptoglyphes apparaissent dans le travail de Jean-Jacques Marie en 2023. La série est présentée pour la première fois sur son site officiel en janvier 2024. Un premier article lui est consacré en mai 2024, puis un ouvrage dédié est publié en août de la même année. Depuis, cette recherche se poursuit et continue d’évoluer.